Intervention du Député HAMDI Omrane à l’assemblée du peuple
Traduction intégrale en français
Vous aviez déjà appelé à ouvrir une enquête concernant la société Sousse Nord, et vous savez qu’il existe un problème entre cette société et le syndic. Vous avez envoyé l’inspecteur, comme nous en avions parlé, ainsi que pour le dossier d’Amzadi. Le rapport est prêt depuis un moment, mais il n’a toujours pas été publié.
Sincèrement, Monsieur le Ministre, je suis très surpris : comment pouvez-vous envoyer un inspecteur à Sousse Nord, et celui-ci va ensuite dîner avec la partie adverse, avec le PDG du syndicat ? Monsieur le Ministre, la fontaine de Kantaoui fonctionnait autrefois par synchronisation musicale. C’était la seule et la première en Afrique à fonctionner ainsi. Aujourd’hui, elle ne fonctionne plus que de manière dégradée et archaïque.
Depuis trois ans, ils la détruisent petit à petit et retirent son matériel sous prétexte de “protection physique”, jusqu’à ce qu’elle finisse instrumentalisée au profit de Sousse Nord.
Monsieur le Ministre, nous vous demandons d’intervenir sérieusement dans le dossier de Kantaoui. Le secteur dont vous avez la charge est en train de s’effondrer, et tout ce que vous faites ce sont des discours populistes et des apparitions médiatiques. Devant les dossiers lourds, vous disparaissez. Face aux dépassements, vous vous taisez. Devant le chaos dans votre propre ministère, vous justifiez.
Le pays n’a pas besoin aujourd’hui d’un ministre de photos et de cérémonies, mais d’un ministre de décisions. Il n’a pas besoin de quelqu’un qui brandit des slogans, mais de quelqu’un qui applique la loi. Il n’a pas besoin de quelqu’un qui rejette son échec sur les autres, mais de quelqu’un qui assume ses responsabilités avec courage.
Et puisque vous, Monsieur le Ministre – et je le dis avec toute la franchise possible – êtes incapables d’imposer la loi même au sein de votre propre ministère, comment pourrez-vous réformer un secteur qui constitue l’une des artères vitales de l’économie tunisienne ?
Je conclus clairement : la popularité ne gère pas un ministère, la faiblesse ne construit pas un secteur, et l’Histoire ne pardonne pas à ceux qui ont failli quand la situation exigeait de la fermeté. Merci.
كنتم قد دعوتم سابقًا إلى فتح تحقيق في شركة سوسنور، وتعلمون أنّ هناك إشكالًا بين سوسنور والصندوق. بعثتم المفتّش كما تحدثنا سابقًا، وكذلك بخصوص أمزادي. التقرير جاهز منذ مدة، لكنه لم يصدر بعد.
بصراحة يا سيادة الوزير، لديّ استغراب كبير: كيف تبعثون مفتّشًا إلى سوسنور، ثم يذهب ليتعشّى مع الخصم، مع المدير العام للصندوق؟ يا سيادة الوزير، النافورة في القنطاوي كانت تشتغل بتقنية السينكرونيزاي، وكانت الوحيدة في إفريقيا، بل الأولى التي تشتغل بالتزامن مع الموسيقى. واليوم أصبحت تشتغل بطريقة بدائية "فاسدة" وبصفة مركزية رديئة.
والثلاث سنوات الأخيرة، كانوا يقومون بتخريبها وسحب معداتها تحت غطاء "الحماية البدنية"، إلى أن أصبحت أداة لمصلحة سوسنور.
سيادة الوزير، نطلب منكم أن تتدخلوا بجدّية في ملف القنطاوي. القطاع الذي تشرفون عليه ينزف، وأنتم لا تقومون سوى بخطابات شعبوية وظهورات إعلامية. أمام الملفات الثقيلة تختفون، وأمام التجاوزات تصمتون، وفي الفوضى داخل وزارتكم تبرّرون.
البلاد اليوم لا تحتاج وزير صور وتشريفات، بل وزير قرارات. لا تحتاج من يرفع الشعارات، بل من يطبّق القانون. لا تحتاج من يعلّق فشلها على الآخرين، بل من يتحمّل المسؤولية بشجاعة.
ولأنكم يا سيادة الوزير – وبكل صراحة – عاجزون عن فرض القانون داخل وزارتكم، فكيف ستُصلحون قطاعًا يعدّ شريانًا أساسيًا للاقتصاد التونسي؟
أختم لكم بوضوح: الشعبية لا تُسيّر وزارة، والضعف لا يبني قطاعًا، والتاريخ لا يرحم من تهاون حين كان الواجب يتطلّب الحزم. شكرا.
Une intervention remarquable du député M. Sofiane Ben Hlima
Dans l’un de nos précédents articles, nous avions évoqué la "Baisse liée à la mauvaise gestion et aux nuisances". M. le Député vient aujourd’hui confirmer cette tendance en dénonçant — je cite :
« Comme si l’objectif était de laisser le site se détériorer pour le vendre ensuite à un prix dérisoire. »
Le constat est alarmant : certains biens ne trouvent même plus preneur et sont devenus invendables, tant la dégradation du site est avancée. Cette situation résulte d’une gestion désastreuse, caractérisée par une opacité totale dans l’administration de nos charges et par des manœuvres de dissimulation répétées.
Il est légitime de se demander si cette détérioration accélérée est intentionnelle, si elle n’est que le fruit de l’amateurisme… ou si elle résulte d’un mélange des deux.
L’équipe syndicale en place semble consciente qu’elle est en train de perdre pied. Il lui faudra donc une bonne dose de courage pour « jeter l’éponge », reconnaître la réalité, et permettre à une équipe pluridisciplinaire de reprendre les commandes — à l’issue d’élections honnêtes et transparentes, et avec la mise en place de mécanismes de contrôle continus, indispensables pour prévenir tout détournement, favoritisme ou opacité tels que ceux que nous subissons aujourd’hui.
Transcription de l'intervention de Mr Ben Hlima
Voyez la situation catastrophique dans laquelle se trouve aujourd’hui la station touristique El Kantaoui…
Un symbole national du tourisme, devenu malheureusement un exemple d’abandon et de dégradation.
Les infrastructures sont en ruine, la situation financière est critique, le déficit est important, et plusieurs installations ont été fermées. À cela s’ajoutent les conditions sociales très difficiles que vivent nos agents et travailleurs.
Tout cela se déroule sous les yeux de la Société d’Études et de Développement, responsable de la gestion de ce site stratégique, alors même que le pays a besoin du moindre rayon de lumière pour relancer l’économie et soutenir le budget, surtout en cette période particulièrement difficile.
Ce qui aggrave encore la situation, c’est que des décisions sont prises au nom des copropriétaires sans leur présence ni leur accord.
Des assemblées générales ont validé des points très sensibles sans participation effective des concernés. Des affaires sont engagées en justice, des sommes énormes y sont dépensées, et malgré cela les procès sont gagnés… mais sans aucune amélioration, comme si l’objectif était de laisser le site se détériorer pour le vendre ensuite à prix dérisoire.
Nous avons saisi à plusieurs reprises le ministère et les autorités régionales, mais sans résultat concret.
Nous demandons la sauvegarde de ce patrimoine de l’État, un bien public transmis depuis les années 70, et qui ne doit ni tomber dans l’oubli ni devenir un lieu livré aux dérives et aux abus.
Nous n’avons plus les mots…
Mais une chose est certaine : ce site appartient à l’État, il appartient au peuple, et il doit absolument être sauvé avant qu’il ne soit trop tard.
رموز السياحة أصبح اليوم عنوانًا للإهمال والتدهور.
المرافق منهارة، الحالة المالية صعبة، عجز كبير، وإغلاق شبه تام للمنشآت، إضافة إلى الوضع الاجتماعي القاسي الذي يعيشه أعواننا والعاملون هناك.
كل هذا يحدث أمام أعين شركة الدراسات والتنمية المشرفة على هذا المرفق الحيوي، وفي وقت نحتاج فيه لكل نقطة ضوء لإنعاش الاقتصاد وتمويل الميزانية، خاصة في الظروف العصيبة التي تمر بها البلاد.
وما زاد الطين بلّة أن المالكين المشتركين تُتَّخذ باسمهم قرارات دون علمهم ولا حضورهم.
الجلسات العامة صُوّت فيها على نقاط خطيرة دون مشاركة حقيقية للمعنيين، وقضايا في المحاكم تُصرف فيها مبالغ ضخمة، ورغم ذلك تُربح القضايا بدون إصلاح فعلي للوضع، وكأن الهدف هو ترك المرفق ينهار ليُباع لاحقًا بأبخس الأثمان.
لقد راسلنا الوزارة والسلطات الجهوية مرارًا وتكرارًا، دون نتيجة تُذكر.
نطالب بالحفاظ على أملاك الدولة الموروثة منذ السبعينات، لا أن تُترك فريسة للإهمال، أو تتحول إلى فضاءات يستغلها المنحرفون.
لقد وصلنا إلى مرحلة لم نعد نجد فيها الكلمات…
لكن ما نعرفه جيدًا هو أنّ هذا المرفق ملك للدولة، وملك للشعب، ولا بد من إنقاذه قبل فوات الأوان.
Les biens situés aux Maisons de la Mer et aux Maisons des Jardins affichent des valeurs sensiblement inférieures aux moyennes du quartier d’El Kantaoui, confirmant une décote locale liée à l’état de la copropriété et à la qualité de gestion.
Par exemple, un S+1 de 82 m² aux Maisons de la Mer est proposé à 275 000 DT, soit environ 3 354 DT/m², un niveau nettement inférieur aux repères 2025 du quartier (entre 4 070 DT/m² pour l’ancien et 4 800 DT/m² pour le neuf). Ce type de discount illustre bien l’impact de la dégradation et du manque d’entretien sur la valeur des biens.
Ces chiffres montrent une forte dispersion des prix : les appartements situés dans les résidences Maisons de la Mer et Maisons des Jardins se trouvent dans la tranche basse à moyenne du marché (3 350–4 200 DT/m²), alors que le quartier El Kantaoui reste globalement valorisé. Cela confirme l’existence d’une décote spécifique à ces ensembles résidentiels.
Les données issues des portails Mubawab, Properstar, Mitula et Kantaoui Immo indiquent une offre importante de biens à la vente dans le secteur. Cette multiplication des annonces renforce la pression à la baisse sur les prix et confirme une augmentation notable des mises en vente au cours des derniers mois.
| N° | Bien | Surface | Prix demandé | Prix/m² estimé | Source |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | S+1 – Maison de la Mer | 82 m² | 275 000 DT | ≈ 3 354 DT/m² | Agence Immobilière Kantaoui |
| 2 | S+1 – Maison des Jardins | 60 m² | 250 000 DT | ≈ 4 167 DT/m² | Agence Immobilière Kantaoui |
| 3 | Appartement – El Kantaoui Jardin | 125 m² | 430 000 DT | ≈ 3 440 DT/m² | Mubawab Tunisie |
| 4 | Appartement – El Kantaoui Jardin | 126 m² | 1 200 000 DT | ≈ 9 524 DT/m² | Mubawab Tunisie |
| 5 | Appartement – El Kantaoui « Pas cher » | 76 m² | 274 984 DT | ≈ 3 618 DT/m² | Mubawab Tunisie |
| 6 | Appartement – El Kantaoui | 97 m² | 383 600 DT | ≈ 3 955 DT/m² | Mubawab Tunisie |
En résumé, malgré un quartier d’El Kantaoui globalement cher, les résidences Maisons de la Mer et Maisons des Jardins subissent une décote significative attribuable à la gestion interne, à la dégradation visible et au désintérêt croissant des acquéreurs pour ces ensembles.
Entre les mains d’un syndic professionnel, compétent et respectueux de la loi, un tel dialogue n’aurait jamais eu lieu.
Ce qui s’est exprimé dans ces échanges n’est pas un simple désaccord entre copropriétaires : c’est le symptôme d’une gestion défaillante, d’un manque de transparence et de confiance, qui ne devraient pas exister dans une copropriété saine.
Quand un syndic fait correctement son travail — rend les comptes, informe clairement, prépare les assemblées avec rigueur, respecte la loi et le règlement de copropriété — il apaise les débats au lieu de les envenimer.
Les copropriétaires n’ont alors aucune raison de se soupçonner mutuellement, ni de douter des décisions prises.
Mais quand la loi est bafouée, quand les AG sont manipulées, quand les informations sont retenues, quand les chiffres ne sont pas vérifiables… le dialogue se transforme en méfiance, et la méfiance en division.
Ce n’est pas aux copropriétaires de se battre les uns contre les autres pour faire respecter les règles — c’est au syndic de les garantir.
Le jour où nous aurons un syndic digne de ce nom, transparent, loyal et au service de la collectivité, nous pourrons enfin parler d’obligations, de droits et de respect mutuel.
En attendant, il faut surtout refuser la banalisation des abus et continuer à exiger la transparence.
Une copropriété unie et bien informée est toujours plus forte qu’un syndic qui agit dans l’ombre.