L’article intitulé  Tribune a été publié sur le site Webdo.tn le lundi 29 avril 2013 à 21:48

Tribune – El Kantaoui, cette cité touristique à l’urbanisme bien étudié et qui faisait la fierté des Sahéliens est, aujourd’hui, en perdition. A son tour, ce site a été victime des multiples dépassements nés dès l’aube de la concrétisation de la révolution et la chute du dictateur Ben Ali.

C’est-à-dire que la contagion des méfaits urbanistiques constatés ailleurs ne l’a pas épargnée elle non plus. Et si cela continue, à la même allure, cela finira par attribuer à cette grande cité le qualificatif terrible de «Mellasine II». Car, certains des habitants de cette contrée font fi de la réglementation en vigueur d’autant plus que la Municipalité de Hammam-Sousse semble bel et bien dépassée par les événements.

Du reste, les agents municipaux rechignent à intervenir directement pour endiguer le mal qui sévit dans cette cité naguère fleuron de notre tourisme et objet de l’admiration et du respect de tous. En effet, dans un passé récent, on ne pouvait construire que sur autorisation légale des autorités municipales. De surcroît, les agents municipaux veillaient au grain. Ils rappelaient à l’ordre tout contrevenant dans le domaine de toute construction.

Cela a fini par faire d’El Kantaoui un vrai bijou admiré par tous. Lors de sa visite officielle en Tunisie, en 1989, le président François Mitterrand n’a pas manqué d’exprimer son plaisir d’avoir parcouru ces lieux. Plus encore, il trouvait cette admirable cité touristique si magnifique qu’il la qualifia d’être «une enclave d’une grande beauté alliant la rigueur des constructions neuves à la sobriété et aux qualités de l’ancien»…

Eh bien, ce bijou est en train, aujourd’hui, de perdre son âme, voire de devenir un grand village de bric à brac. Alors que la rive gauche, en direction de Chott Meriem, est généralement réservée pour les bâtisses commerçantes et tout ce qui s’ensuit, la rive droite a été, quant à elle, depuis toujours, absolument réservée aux villas, des rez-de-chaussée plus un ou deux étages seulement.

Or, aujourd’hui, on y construit des commerces même sur la rive droite de la route touristique d’El Kantaoui sans se conformer à la réglementation en vigueur et sans que les autorités ne mettent leur nez dans ces affaires de crainte de voir les agents municipaux subir la foudre de certains malveillants propriétaires. Il y en a même qui ont osé édifier des buildings au bord du rivage (!) et sans nullement respecter la loi et cela aux dépens de leurs voisins immédiats.