Scène de terrasse à Port El Kantaoui: Les vérités que l’on se chuchote entre voisins 

Lieu : Une terrasse ensoleillée, entre deux bruits de valises et les va-et-vient de la location saisonnière.

Toute ressemblance avec des personnes, des situations ou des faits existants ne serait peut-être que pure coïncidence. 

Mounir : Franchement, Nassim, je ne comprends pas ton entêtement. Tu y laisses ta santé, ton temps et ton argent. Laisse tomber ! De toute façon, il y a bien d’autres propriétaires qui se battent déjà pour nos biens. Pourquoi tu te mets martel en tête ?

Nassim : Parce que si tout le monde se dit "laissera-faire les autres", il ne restera bientôt plus rien à défendre, Mounir ! Ce qu’on laisse passer aujourd’hui, on le paiera dix fois plus cher demain. Nos biens perdent de leur valeur sous cette gestion opaque.

Mounir :Moi, quand j’ai besoin de quelque chose pour mon appartement, je passe un coup de fil et ça fonctionne. Pourquoi donc dois-je m'inquiéter pour les autres ?

Nassim : ah, Tu as su les dernières nouvelles ? Un salarié du syndic a porté encore une nouvelle plainte contre plusieurs de nos voisins...

Mounir : Ce n’est pas la plainte que nos voisins ont gagnée avec un jugement de non-lieu ?

Nassim : Ah non, c’est une autre plainte, contre d’autres voisins encore ! Cette fois-ci, initiée par le salarié seul, car il a su la colère des copropriétaires monter et a eu crainte qu’ils s'unissent enfin pour décider eux-mêmes du sort de notre bien commun.

Mounir : Mais c’est tout à fait logique, tu t’attendais à quoi ? Comment veux-tu qu’un salarié, avec tous les avantages qu’il perçoit, renonce facilement à son poste ? Et puis, entre nous, je n'ai pas le temps pour ces histoires. Je viens pour passer des vacances en toute tranquillité. Kantaoui n'est plus à la hauteur de mes ambitions de vacances, alors je loue mon appartement — même un peu anarchiquement — pour me faire payer des vacances ailleurs, en paix ! Je ne cherche pas d'ennuis, j'ai trop peur des règlements de compte. Heureusement qu'il y a d'autres propriétaires comme toi qui se battent déjà pour nos biens.

Nassim : En louant "anarchiquement" et en fuyant le problème, tu nourris exactement le système qui pourrit notre résidence ! Tu penses acheter ta paix, mais tu acceptes la loi du silence. La peur, c'est leur seule arme. Si on baisse les yeux, ils ont gagné.

Mounir : Peut-être... Mais tu admets bien qu'ils sont indéboulonnables ? Tiens, dis-moi un peu : pourquoi est-ce qu'il n'y a pas eu d'élections cette année ? 

Nassim : Parce qu'un mandat de 3 ans a été prévu! Trois ans....C'est quand même pratique pour éviter de devoir retourner régulièrement devant les copropriétaires.

Mounir : D'accord, s'il s'accroche autant à son poste et qu'il est persuadé de réussir sa mission à merveille au point de s'imposer pour trois ans... pourquoi au moins n'a-t-il pas organisé une simple AG ordinaire ? Juste pour rendre des comptes sur les chiffres, le budget, la gestion ?

Nassim : Parce que rendre des comptes, c’est le dernier de ses soucis ! Rendre des comptes, ce serait expliquer où va notre argent, justifier , répondre .....

Mounir : (Sourire en coin) Alors, il attend quoi ? Que les propriétaires se lasseront ?

Nassim : Mieux que ça : il lui reste encore un peu de temps... Il attend sagement que la saison se termine, que le "peuple" des copropriétaires quitte la côte pour regagner ses résidences principales à Tunis ou ailleurs, dans le silence de l'hiver. Comme ça, tranquille, il pourra nous pondre un beau montage vidéo d'une pseudo-réunion... avec des fantômes !

Mounir :  Des... fantômes ? Tu penses vraiment qu'ils oseraient aller jusque-là ?

Nassim : Ils ont déjà osé tout le reste. La question, Mounir, c’est de savoir si tu veux continuer à regarder ailleurs pendant qu'ils décident de tout à notre place, ou si tu vas enfin te rappeler que cet appartement, c'est ton patrimoine.