
Titre bleu : encore une promesse ou un vrai tournant ?
Après plus de quarante années d’attente, les copropriétaires ont appris, une fois de plus, qu’un « tournant décisif » serait enfin atteint dans le dossier des titres bleus. Le communiqué du syndic évoque un engagement constant du syndicat, l’intervention du Ministre du Tourisme et l’ouverture d’une nouvelle phase de coopération avec le promoteur Sousse Nord. Autant d’éléments présentés comme la preuve que, cette fois-ci, « c’est la bonne ».
Pourtant, cette annonce ressemble étrangement à celles qui se succèdent depuis des décennies.
Une promesse qui revient… périodiquement
Depuis plus de quarante ans, les copropriétaires entendent, à intervalles réguliers, le même discours :
le dossier avance, les obstacles sont levés, il ne manque plus que quelques documents.
À chaque fois, l’espoir renaît — souvent par nécessité plus que par conviction — avant de retomber face à l’absence de résultats concrets.
Les copropriétaires, légitimement avides d’obtenir leur titre de propriété, n’ont d’autre choix que d’y croire, même lorsque l’expérience leur impose une prudence extrême.
Quel rôle réel du Ministre du Tourisme ?
La question centrale demeure pourtant sans réponse claire : quel est le lien juridique entre le Ministre du Tourisme et la délivrance des titres de propriété (titres bleus) ?
En pratique, l’obtention d’un titre foncier relève :
- des autorités foncières compétentes,
- du statut juridique du terrain,
- de la régularisation administrative et cadastrale,
- et surtout des engagements et obligations du promoteur initial.
Le Ministre du Tourisme, aussi respecté soit-il, ne dispose pas du pouvoir légal d’attribuer ou d’accélérer la délivrance d’un titre de propriété individuel. Son intervention, si elle existe, ne peut être qu’indirecte, politique ou incitative, sans garantie juridique pour les copropriétaires.
Le syndic : médiateur ou garant ?
Le syndic de copropriété, de son côté, n’a pas non plus le pouvoir d’octroyer un titre bleu. Son rôle consiste à :
- représenter les copropriétaires,
- défendre leurs intérêts,
- assurer un suivi administratif rigoureux,
- et exiger des résultats concrets des parties responsables.
Annoncer une « avancée historique » sans présenter de documents officiels, de calendrier précis ou d’engagements écrits opposables juridiquement ne saurait constituer une preuve de réussite.
Une diversion déjà connue
À défaut de titres délivrés, ces annonces successives donnent le sentiment d’un effet de diversion :
faire miroiter une avancée imminente pour détourner l’attention des copropriétaires des carences persistantes de l’équipe syndicale en place, de l’absence de bilans clairs, ou du manque de transparence sur l’état réel du dossier.
L’expérience montre que les promesses verbales ne remplacent ni les actes administratifs, ni les décisions juridiques.
Ce que les copropriétaires sont en droit d’exiger
Si un véritable tournant a eu lieu, il doit se traduire par :
- des documents officiels et vérifiables,
- un calendrier précis et engageant,
- l’identification claire des autorités compétentes,
- et des responsabilités clairement établies.
Sans cela, cette annonce risque de n’être qu’un épisode de plus dans une longue série de faux espoirs.
Conclusion
Après quarante ans d’attente, les copropriétaires n’ont plus besoin de promesses, mais de preuves.
Le titre bleu ne se décrète pas, il se délivre. Et tant qu’aucun document concret ne vient confirmer cette prétendue avancée, la prudence reste non seulement légitime, mais nécessaire.





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