Le constat est aujourd’hui difficile à ignorer. Selon une récente estimation des biens proposés sur le marché à Port El Kantaoui (PEK), les prix se situeraient désormais entre 3 350 et 5 250 DT/m².
Plus révélateur encore : une recherche récente fait apparaître au moins treize biens à vendre dans les seules résidences des Maisons de la Mer et des Maisons des Jardins.
Un chiffre qui aurait été tout simplement inimaginable il y a quelques décennies.
Dans les années 90, vendre à Port El Kantaoui était l’exception
Dans les années 1990, trouver un bien immobilier à vendre à Port El Kantaoui relevait presque de l’impossible. Posséder un appartement ou une maison dans la station constituait alors un véritable privilège et un signe de prestige.
Lorsqu’un bien devenait disponible, l’information circulait discrètement. Ces opportunités étaient rares, convoitées et parfois soigneusement réservées à des acquéreurs bénéficiant d’un certain rang social ou d’interventions de très haut niveau.
On ne cherchait pas désespérément un acheteur : on cherchait plutôt le moyen d’accéder à un bien.
En 2026, la situation s’est inversée
Aujourd’hui, le contraste est saisissant.
Les biens à vendre sont devenus nombreux, parfois proposés pendant de longues périodes, et certains prix donnent le sentiment d’un marché fortement dévalorisé.
Pourquoi un tel retournement ?
La réponse mérite d’être posée clairement : les acquéreurs d’hier n’achetaient pas uniquement des mètres carrés. Ils achetaient un environnement, une qualité de vie, un standing, des services, une sécurité et surtout une image.
Ce sont précisément ces atouts qui donnaient aux biens de Port El Kantaoui leur valeur particulière et justifiaient leur rareté.
Or, au fil des années, une partie de ces atouts s’est progressivement dissipée.
Et lorsque l’environnement qui faisait la valeur d’un bien se dégrade, sa valeur immobilière finit inévitablement par en subir les conséquences.
Une hémorragie qui semble se poursuivre
Malheureusement, cette tendance ne semble pas s’arrêter.
Le phénomène est constaté et confirmé par plusieurs copropriétaires, mais il est surtout visible à travers l’état actuel du marché immobilier : multiplication des offres, biens qui restent à la vente et baisse de l’attractivité par rapport au prestige dont bénéficiait autrefois Port El Kantaoui.
La question n’est donc plus de savoir s’il existe un problème.
La véritable question est : que faire ?
La situation est-elle irréversible ?
Non.
Port El Kantaoui dispose encore d’atouts considérables. Son emplacement, son architecture, sa marina, ses espaces résidentiels et surtout son histoire lui confèrent une identité que beaucoup d’autres destinations n’ont pas.
Mais un patrimoine immobilier ne conserve pas sa valeur par nostalgie. Il la conserve par l’entretien, la qualité de son environnement, la bonne gouvernance et la capacité de ses propriétaires à défendre collectivement leurs intérêts.
Des solutions existent donc pour enrayer cette dévalorisation et redonner aux biens leur attractivité.
Encore faut-il une condition essentielle :
que l’ensemble des copropriétaires en prenne conscience et manifeste une réelle volonté d’agir.
Car la valeur de chaque appartement ne dépend pas uniquement de ce qui se trouve derrière sa porte.
Elle dépend aussi de ce qui se passe devant.





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